Skip to main content
PrivacyProjet de loi C-34Loi sur la sécurité des médias sociauxvérification de l'âgeCommission de la sécurité numérique

Privacy

Interdire d'abord, exempter ensuite : ce que trois jours de débat à la Chambre révèlent sur le projet de loi C-34

Trois jours de débat à la Chambre ont donné à l'interdiction des comptes de médias sociaux aux moins de 16 ans du projet de loi C-34 une nouvelle étiquette, le « modèle d'exemption méritée », sans changer la mécanique : une interdiction qui commence avant l'existence du régulateur, sans critères d'exemption, et une vérification de l'âge pour des millions de Canadiens. Ce que le débat signifie pour les équipes de protection de la vie privée avant l'ouverture des audiences en comité le 16 novembre.

PartagerLinkedIn

Écouter cet article

0:00 / 0:00

Points clés

  • Le projet de loi C-34 a franchi la deuxième lecture et a été renvoyé au Comité permanent du patrimoine canadien le 29 octobre 2026. Des audiences d’au moins 16 heures commencent la semaine du 16 novembre.
  • Les députés du gouvernement ont rebaptisé l’interdiction des médias sociaux aux moins de 16 ans « modèle d’exemption méritée », mais le projet de loi ne prévoit aucun critère d’exemption, aucun échéancier, et il repose sur une Commission de la sécurité numérique qui n’existe pas encore.
  • Selon les propres estimations du gouvernement, le régulateur mettra de 12 à 18 mois ou plus à se mettre en place, alors que l’interdiction peut entrer en vigueur dès que le Cabinet désigne les services visés. Des millions de Canadiens devront vérifier leur âge d’abord et espérer une exemption ensuite.

La Chambre a débattu du projet de loi C-34 pendant trois jours en octobre : une interdiction des comptes de médias sociaux aux moins de 16 ans, appliquée par une Commission de la sécurité numérique qui n’existe pas. Ce qui a changé pendant ces trois jours, ce n’est pas le projet de loi. C’est l’étiquette. Le compte rendu du débat par Michael Geist est le document à lire.

L’étiquette a changé. La mécanique, non.

Les députés du gouvernement ne s’entendaient pas sur la nature même du projet de loi. Kevin Lamoureux l’a qualifié d’« interdiction du contenu des médias sociaux pour les enfants de moins de 16 ans ». Guillaume Deschênes-Thériault a affirmé que « notre approche avec le projet de loi C-34 est d’interdire aux personnes de moins de 16 ans d’avoir des comptes ». Michael Coteau a déclaré qu’« on ne pourra pas simplement interdire les médias sociaux. Ça ne fonctionnera pas. » Brendan Hanley a proposé le nouveau libellé : « une approche sophistiquée et novatrice plutôt qu’une interdiction générale rigide », fondée sur un « modèle d’exemption méritée ».

Lisez le projet de loi, pas la marque. Il n’y a aucun critère d’exemption défini, aucun échéancier, et aucun régulateur pour l’accorder. Le plan, c’est interdire d’abord et exempter ensuite, si jamais : un service ne mérite son exemption qu’après que ses utilisateurs ont déjà vérifié leur âge.

L’écart de 12 à 18 mois

Le député conservateur Jacob Mantle a mis les propres chiffres du gouvernement au compte rendu : de 12 à 18 mois, ou plus, avant que le régulateur soit nommé et publie des règlements, des ordonnances ou des lignes directrices. Tamara Kronis a ajouté que le projet de loi ne prévoit aucune date d’expiration pour des restrictions décrites comme temporaires, ni aucune garantie que le processus d’exemption sera en place quand elles commenceront. Le gouvernement a dit qu’il mettra l’interdiction en vigueur sans attendre le régulateur.

La séquence est donc fixée : le Cabinet désigne les services, l’interdiction s’applique, des millions de Canadiens vérifient leur âge pour garder leurs comptes, et le régulateur, les normes et le processus d’exemption arrivent un an ou plus après.

La promesseLe compte rendu
« Modèle d’exemption méritée »Aucun critère d’exemption, aucun échéancier, aucun régulateur
Restrictions temporairesAucune date d’expiration dans le projet de loi
Des normes avant l’applicationLe régulateur met 12 à 18 mois à se mettre en place; l’interdiction peut commencer avant

Cinquante décisions, reportées

Quand les députés de l’opposition ont compté au moins 50 décisions majeures laissées au Cabinet et à la commission, Karina Gould a répondu qu’« il y aura toujours des facteurs que nous ne pouvons pas prévoir ». Lamoureux a affirmé qu’un projet de loi qui répondrait à tout « serait un projet de loi de 1 500 pages ». Iqwinder Gaheer a soutenu que prescrire chaque décision dans la loi « minerait » l’indépendance de la commission.

Prié de définir ce qu’est une « mesure de protection adéquate », Karim Bardeesy a répondu qu’il y aurait « beaucoup d’endroits qui font ça, comme par l’entremise de la commission et des règlements qui pourraient découler de la loi ». Ryan Turnbull a dit à la Chambre que le projet de loi « s’appliquerait à toutes les plateformes de médias sociaux, si je comprends bien ». Il comprenait mal : le Cabinet désigne les services réglementés selon des seuils non encore fixés.

Les questions sur la vérification de l’âge, sans réponse

Les moments les plus honnêtes sont venus des propres partisans du projet de loi. Gould a dit : « personnellement, j’ai des préoccupations au sujet de la technologie de vérification de l’âge. Montrer une pièce d’identité, c’est quelque chose qu’on fait dans beaucoup de situations quotidiennes, mais on ne le fait pas en ligne. » Jacques Ramsay a affirmé que personne ne veut que les Canadiens remettent une pièce d’identité pour regarder une vidéo. Les questions qui ont suivi sont restées sans réponse : quelles méthodes de vérification seront acceptées, qui détiendra les données, et que se passera-t-il après une atteinte à la sécurité.

La déclaration relative à la Charte, déposée le 19 octobre, quelques jours avant le débat, affirme que l’interdiction touche la liberté d’expression, les droits à l’égalité et la vie privée. Gaheer a dit à la Chambre que « ce projet de loi ne réglemente pas la liberté d’expression », alors que ni l’un ni l’autre des discours d’ouverture n’a mentionné la Charte. J’ai couvert la déclaration en octobre : un argument d’une phrase pour l’interdiction et une analyse de la vie privée qui tient au mot « perçu ».

Quoi faire avant le 16 novembre

Les audiences en comité ouvrent la semaine du 16 novembre, au moins 16 heures d’audiences. Le ministre de la Culture, Marc Miller, a dit à la Chambre qu’il y a « un débat légitime à avoir ici et en comité » sur la question de savoir si les règles d’exemption sont fixées par le régulateur « ou peut-être même par le comité ». C’est l’ouverture. Les équipes qui exploitent des services que le Cabinet pourrait désigner devraient utiliser les deux prochaines semaines pour consigner leur position sur la vérification de l’âge : la méthode, les données recueillies, où elles vivent, ce qui leur arrive après la vérification. Le comité est la dernière salle où ces réponses peuvent encore façonner le projet de loi. Après, c’est l’échéancier du projet de loi qui prend le relais : interdire d’abord, régulateur ensuite.

Mesure concrète : Vérifiez maintenant si le Cabinet pourrait désigner votre service. Si oui, consignez votre méthode de vérification de l’âge, la durée de conservation des données de la vérification et votre plan en cas d’atteinte visant ces données, puis soumettez le tout au comité avant le 16 novembre. Une interdiction sans critères d’exemption récompense les équipes qui ont documenté leurs mesures de protection tôt.

Poser une question sur cet article

Answers come only from this article.

À lire aussi

Services liés

Des services-conseils pratiques alignés sur le sujet de cet article : conception de programmes, contrôles et mise en œuvre opérationnelle.

Voir tous les services